L’ambidextrie contrôlée

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Peut-on pratiquer “l’ambidextrie” ? : Si j’adhère sans réserve aux recommandations du Docteur Jenny Roudinesco Aubry [1] : L’ambidextrie est chez l’enfant une dangereuse utopie. Ce n’est qu’une fois le langage et l’écriture solidement acquis que l’on pourra systématiquement et sans danger développer les aptitudes de la main mineure, j’ai, en revanche, toujours soutenu le principe de l’ambidextrie contrôlée, à condition qu’elle soit pratiquée de façon volontaire.

Pour preuve le livre que nous avons élaboré mon frère Michel et moi en 2005 et dans lequel mon docteur de frère propose : l’ambidextrie volontaire et contrôlée et la règle des P. (« Gauchères, Gauchers… » Édition Riv’gauche Distribution) dont voici quelques passages extraits du chapitre 10 :

Il est bon de temps en temps d’obliger son cerveau à réveiller des zones endormies qui s’atrophient. Cet organe est de formidable volonté. Il peut faire beaucoup si on est assez organisé, discipliné, persévérant.

Notre position favorable à une plus large diffusion de « l’ambidextrie » est alimentée par ceux et par celles qui témoignent d’un épanouissement nouveau attribué au retour à leur latéralité gauche originelle. Ce qui est possible dans un sens doit l’être dans l’autre.

Nous pouvons nous appuyer sur d’autres arguments et faits. Par exemple sur le principe qui dit que tout ce qui se travaille progresse.

Une « ambidextrie » vraie, donc volontaire, maîtrisée et ludique est un tremplin d’épanouissement. Elle devrait intéresser les gauchers, les gauchers recyclés en droitiers et les purs droitiers qui veulent faire connaissance avec leur côté gauche.

Quelques règles à respecter  :

1) Perspicacité : s’informer, lire, étudier, réfléchir, comprendre. L’ensemble de ce livre est là pour aider à se faire sa propre opinion.

2) Progression : avancer par étapes successives. Vouloir en faire trop d’emblée expose à la saturation et au découragement.

3) Prudence : être attentif aux effets. Régler son rythme sur ses réactions. Bien qu’il n’y ait aucun risque évident, peut-on oublier cette règle de bon sens ?

4) Patience : les résultats sont rapides, ne serait-ce que celui de se faire plaisir. Cependant pour certains gestes, comme écrire, il faudra être plus patient.

5) Persévérance : elle est la suite logique de la patience si on veut triompher des difficultés qui rebutent alors qu’on est en bonne voie.

6) Positiver : c’est-à-dire avancer avec confiance. La défiance, la méfiance exagérée sont mauvaises conseillères. La méfiance n’est pas la prudence. Se méfier de tout et de tous émane d’un esprit morbide, négatif et sclérosant. La prudence est raisonnable et n’exclut ni la confiance ni l’esprit d’entreprise ni celui de collaboration.

7) Plaisir : les mortifications sont aussi néfastes que le plaisir est bénéfique. Il est bon de savoir se faire enfin plaisir, surtout si on est gaucher ou droitier contrarié, et d’inviter la joie à cette entreprise de découverte de soi-même et d’acquisition de potentialités nouvelles. Le centre cérébral du plaisir est voisin du centre neuro-hormonal. L’interdépendance de ces deux centres explique comment le plaisir est facteur de santé.

Conclusion : On peut pratiquer l’ambidextrie… mais  sans perdre de vue que ce qui est bénéfique à un adulte ne le sera pas automatiquement à un enfant.

Alain Galobardès

Lire aussi : L’adaptation contrôlée

[1] Jenny Roudinesco Aubry (1903-1987) médecin des hôpitaux, pédiatre, neuropsychiatre et psychanalyste française, qui a réalisé un travail pionnier sur les effets négatifs de la carence de soins maternels chez le jeune enfant. Lire l’article : L’enfant gaucher

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3 commentaires

  1. Tu peux ajouter que nous avons, nous gauchers, quelques synapses en plus et que nous les utilisons 1,5 de plus que les droitiers, nous permettant d’être plus intuitifs et réactifs qu eux. Alors hip hip hourra pour ton petit qui, j’en suis sure, fera un président ou génial designer, dans quelques anne9es (cette pression qu on lui met quand même 🙂 )

  2. Je sais depuis toute petite que je suis ambidextre. Je me suis essayée à l’écriture mais c’était très décourageant et finalement « ma droite » a toujours commandé.

    Je m’aperçois aujourd’hui que mon ambidextrie s’exprime lorsque je me trouve dans un environnement où je ne ressens aucune pression, aucun jugement, lorsque je me sens totalement sereine avec moi-même et avec les autres.

    Et en même temps, je ressens très clairement que me servir de mes deux mains me rend très positive.
    Et cela me permet de ralentir, de m’extraire de situation de stress, de profiter des moments.
    C’est étonnant. Fascinant !

    Merci pour votre site.

  3. FRANCOIS GEROMINE on

    IL Y A ENVIRON 4 ANS, ALORS QUE J’ETAIS DROITIER-E, J’AI RESSENTI LA NECESSITE D’UTILISER MA MAIN GAUCHE DANS TOUTES MES ACTIVITES

    J’AI 47 ANS

    AUJOURD’HUI, POUR LA PARTIE GAUCHE D’UN TEXTE, J’UTILISE MA MAIN GAUCHE ET FORME LES LETTRES EN MIROIR EN PARTANT DU BORD GAUCHE DE LA FEUILLE

    LORSQUE J’ARRIVE AU CENTRE DE LA FEUILLE, JE CHANGE MON STYLO DE MAIN ET REDIGE DE LA MAIN DROITE LE RESTE DU TEXTE DANS LE SENS « NORMAL » DES LETTRES

    CETTE FACON D’ECRIRE, S’EST IMPOSEE A MOI APRES 11 SEANCES DE REEDUCATION DE L’ECRITURE AVEC UNE PSYCHOMOTRICIENNE

    ECRIRE AUTREMENT ME PARAIT INCONCONCEVABLE

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