UNE BLAGUE GAUCHÈRE
Aujourd’hui, il existe quantité de blagues (pas toujours très spirituelles, il faut le dire) sur les Belges, les blondes, les nains, les gendarmes, les homosexuels, les camionneurs, les prostituées, les curés, les moniteurs d’auto-école, les chauves, les aveugles, les sourds, les chroniqueurs sur le net, les secrétaires de direction, les boulangers, les plombiers, les alcooliques, les profs, les sportifs, les paysans, les chanteurs d’opéra, sur ceux qui louchent, ceux qui boitent, ceux qui portent la moustache, et tutti quanti…
Mais je ne sache pas qu’il existe des histoires drôles sur les gauchers. C’est très injuste.
J’ai donc cherché dans les archives de la Bibliothèque nationale quelque chose qui pourrait ressembler à une « blague gauchère » (comme il existe des « blagues belges »). J’en ai découvert une. Elle provient des Histoires du colonel Ramollot : aventures et araignées, boutades et joyeux récits, de Charles Leroy, narrant la vie des casernes à la fin du 19e siècle.
L’histoire met en scène le soldat Pinteau, type même du gentil nigaud. Il parle patois, comprend tout de travers et présente la particularité d’être un gaucher invétéré.
Un beau jour, Pinteau est appelé comme témoin au tribunal. S’ensuit ce dialogue avec le juge :
Le président. – Vous jurez de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.
Pinteau. – Oui, mon colo… président. [Il a failli dire « Oui, mon colonel », se croyant au régiment.]
Le président. – Alors, c’est bien : levez la main droite.
Pinteau lève la main gauche.
Le président. – Mais non, je vous dis la main droite !
Pinteau. – Oui, j’entends bien, mais jè suis gaucher.
Le président. – Ah !... Eh bien ! alors, levez la main gauche et jurez.
Pinteau. – Y faudrait què jè jurerais !!!
Le président. – Oui, voyons, dépêchons-nous.
Pinteau, levant précipitamment la main gauche. – Sacré nom dé nom dé Dieu !
Moi, je trouve cela plutôt rigolo. Pas vous ?
Mes amitiés gauchères à tous,
P.M. Bertrand
15 Février 2009