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Deux fois par mois, lesgauchers.com donne carte blanche à Pierre-Michel Bertrand, auteur de "l’Histoire des gauchers" et du "Dictionnaire des gauchers" (Édition Imago). Ce spécialiste reconnu (dont les ouvrages sont traduits en de nombreuses langues) nous livre librement ses réflexions, ses découvertes, ses coups de cœur et, pourquoi pas, ses "coups de gueule".

UN GAUCHER OUBLIÉ

    Il y a tout juste 30 ans, le 26 mars 1980 très exactement, disparaissait Roland Barthes. 
    C’est bizarre, on n’en a presque pas parlé dans les médias… Pas la moindre photo dans Gala, pas une seule ligne dans L’Équipe, pas l’ombre d’un calembour aux Grosses Têtes. Rien non plus sur Fun Radio. A-t-on observé une minute de silence lors de la finale de la coupe de la Ligue Marseille/Bordeaux ? Pensez-vous ! Un petit hommage de Bigard dans son dernier spectacle ? Que nenni !


   C’est bien triste… Mais, bon, comme dit le pirate dans les albums d’Astérix : Sic transit gloria mundi…

   Moi, Barthes, j'aime bien. Pour être franc, je n’ai pas tout lu. Et, quand j’ai lu, je n’ai pas tout compris. N’empêche. Et puis le personnage m’a toujours plu. L’intellectuel par définition. Le cérébral. Il avait cette voix si caractéristique des hommes de ce temps. Cigarette oblige.   On a pas mal de points communs, lui et moi. Par exemple, il était élu professeur au Collège de France en 1976… l’année même où je redoublais ma 4e !

   Il est mort d’une drôle de façon, Roland Barthes. Il s’est fait renverser par une camionnette en traversant la Rue des Écoles à Paris. La Rue des Écoles, pour ceux qui ne connaissent pas Paris, c’est la rue du Collège de France. C’est aussi la rue du Vieux Campeur, ce fameux magasin de sacs à dos et toiles de tentes.    M’est avis que ce jour-là il devait plutôt se rendre au Collège de France. Une intuition, comme ça.

   Pourquoi je vous parle de lui, au fait ? Ha voilà ! Figurez-vous que Barthes était gaucher.  Né malheureusement à une époque peu tolérante à l’égard de cette particularité physique, il avait été contrarié. Cela faisait de lui, comme il disait, « un gaucher un peu droitier ». Dans son autobiographie, il a raconté l’obligation qui lui était faite, enfant, de « normaliser son corps » pour se faire accepter des autres :

« Une exclusion modeste, peu conséquente, tolérée socialement,
marquait la vie adolescente d’un pli ténu et persistant :
on s’accommodait et on continuait. »
(Roland Barthes par Roland Barthes, 1975, p. 102).

   La gaucherie marquant l’existence d’un « pli ténu et persistant » : du Barthes pur jus ! Décidément, j’adore…

                 Gauchèrement vôtre,

                        pmb

15 avril 2010

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