Éduscol : Les enfants gauchers

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En septembre 2015 a été mis en ligne sur le site Éduscol le texte ci-dessous :

L’écriture à l’école maternelle / Les enfants gauchers

La latéralité à droite est mondialement dominante et le nombre de gauchers peu important. Il varie de 10% à 13%, les garçons étant plus nombreux que les filles. Certaines recherches montrent que la pression sociale, qui se manifeste notamment au travers de l’usage des outils du quotidien (emplacement du clavier numérique, du levier de vitesse des voitures, utilisation des ouvre boîtes, des épluches légumes, etc.), conduit involontairement les gauchers à utiliser la main droite, ce qui peut fausser les diagnostics.
Par ailleurs, il n’y a pas systématiquement une latéralité à gauche pour tout le côté gauche du corps : la main, l’œil, et le pied. Il existe de nombreuses latéralités croisées.

Le choix de la main dominante pour dessiner puis pour écrire, commence à apparaître vers 3 ans environ, mais beaucoup d’enfants hésitent encore à 4-5 ans. À partir de 6 ans, la plupart des élèves ont stabilisé leur préférence motrice. Pour écrire, c’est la direction de la trajectoire de notre écriture de gauche à droite, qui se révèle problématique pour les gauchers qui doivent «pousser» leur outil, alors que les droitiers ont simplement à le «tirer».

Les précautions à prendre :

• S’assurer qu’un enfant est bien gaucher avant de lui proposer une tenue corporelle et matérielle adaptées. Un diagnostic prématuré, comme tardif, ont des conséquences sur la scolarité de l’enfant concerné. La crispation de la main en cours d’apprentissage de l’écriture n’est pas un signe de mauvaise latéralisation.
•  S’informer sur la présence de gauchers dans la famille.
• Laisser l’enfant choisir avec quelle main il préfère écrire en début d’apprentissage de l’écriture, sans imposer la main droite, et observer son comportement. Un diagnostic ne se pose pas de façon définitive sans prendre des précautions, il y a encore des gauchers contrariés.
• Observer l’enfant lorsqu’il dessine ou écrit: change-t-il spontanément de main en cours de travail ? Ou alors lorsque l’on lui présente les outils d’un côté ou de l’autre?
• Observer l’enfant lorsqu’il accomplit d’autres gestes moins scolaires (boire, manipuler des jeux, se servir de ciseaux, distribuer des cartes, etc.). L’utilisation de la main gauche pour des usages quotidiens n’est pas toujours révélatrice d’une préférence manuelle pour écrire.
• Les seules observations faites en classe ne suffisent pas et elles n’ont pas valeur d’indicateurs absolus, le recours à un spécialiste peut être nécessaire parfois pour établir un diagnostic fiable.

Lorsque le diagnostic est établi, il faut aider l’enfant pour son travail scolaire d’écriture :

•  Ne pas le placer à la droite d’un droitier
• Pour éviter la position fatigante de la main en pronation (main placée au-dessus de la ligne d’écriture, poignet «cassé»), il suffit d’incliner la feuille vers la droite dans l’axe du bras afin de faciliter la position de la main sous la ligne d’écriture [1]. Les droitiers devraient également prendre l’habitude de placer la main sous la ligne d’écriture, ce qui permet un tracé plus harmonieux.
• Il convient de ne pas placer des modèles d’écriture (étiquettes mobiles) à droite de la feuille, car ce procédé peut inciter les élèves à commencer leur écriture à droite, la place du modèle pouvant être perçue comme indiquant le point de départ de l’écriture (de même, l’étiquette placée à gauche pour les droitiers donne implicitement cette information). Placer l’étiquette du modèle au centre de la feuille est un bon compromis, pour les droitiers comme les gauchers.

Il convient surtout d’éviter de laisser les autres enfants énoncer des propos discriminants au sujet des gauchers, c’est une différence ordinaire, au même titre que la couleur des yeux ou des cheveux. Les gauchers ne sont pas plus maladroits que les droitiers, malgré certaines représentations. Il semble même que ce soit un avantage pour certains sports.

[1] Les écritures dont la trajectoire est de droite à gauche (comme l’arabe, l’hébreu), nécessitent cette position pour ne pas frotter sur les lettres déjà tracées, sachant qu’il y a la même proportion de droitiers dans les pays directement concernés.

Ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
Septembre 2015

Pour télécharger le document tel que présenté sur Éduscol : Ciquez ici

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Un commentaire

  1. Avec une tablette on peut télécharger des applications de langues arabe ou en hébreu. Pour ce qui me concerne je lis et je compte en hébreu. La langue arabe me parait plus difficile. Un bon moyen je pense pour compenser le sens de lecture droite/gauche.

    Denis

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